Félix Diallo

(1931-1997) Kita

Félix Diallo naît le 12 juin 1931 à la Mission catholique de Kita, où il est scolarisé et entre en contact très tôt avec la photographie. Après la mort de son père en 1947, il arrête l’école et devient tailleur pour subvenir aux besoins de sa famille. En 1951, il se rend à Bamako pour chercher du travail et s’installe dans le quartier de Dar-es-Salam. En 1952, il est embauché par Pierre Garnier, patron du magasin Photo-Hall Soudanais. Il remplace Tiékoura Samaké qui travaillait comme tireur dans la chambre noire. Il acquiert bientôt son premier appareil photo, un "Scoutbox", qu’il parvient à utiliser en écoutant les conseils donnés par Garnier à sa clientèle. Lorsque Garnier quitte Bamako pour Dakar en 1954, Félix Diallo cesse de travailler à Photo-Hall Soudanais et, l'année suivante, retourne à Kita pour ouvrir un studio près du marché dans l’ouest de la ville, devenant ainsi le premier photographe professionnel de Kita. En plus de ses activités au studio, il travaille de manière itinérante avec une chambre photographique de format 13 x 18 cm, réalisant des photos dans les écoles et sur les marchés des localités avoisinantes. Deux ans plus tard, en 1957, Diallo ouvre un second studio à Kita, Photo Bar, dans le quartier de Ségoubougouni. Ses activités se diversifient encore plus après l'indépendance du Mali en 1960. Il photographie par exemple les accidents de la route pour la police nationale. Vers 1963, il rebaptise son studio Photo Lux, puis vers 1970, acquiert un agrandisseur Krokus de fabrication polonaise et commence à travailler avec un appareil photo moyen format (6 x 6 cm), plus maniable et de meilleure qualité (Nimis 2003).

Sous le régime de Moussa Traoré, les affaires sont de plus en plus difficiles pour les professionnels de la photographie au Mali. Diallo doit ainsi faire face à des pénuries de fournitures photographiques. Dans les années 1980, il voit sa précarité augmenter avec l’introduction de la photographie couleur et le boom de la photographie amateur. Il a cependant persévéré jusqu'à sa retraite en 1988, date à laquelle il délaisse totalement son studio pour se consacrer entièrement à son verger. Le 5 septembre 1997, Félix Diallo décède dans sa ville natale (Nimis 2003).

Malheureusement, ses archives photographiques ont été détruites en grande partie par les intempéries. Cependant, près de neuf cents négatifs étaient encore en sa possession, lorsque Érika Nimis a interviewé le photographe en 1996 et 1997. En 2003, elle a publié une sélection de ces archives dans un livre intitulé Félix Diallo Photographe de Kita. Et en 2017, avec le soutien de la famille Diallo, elle a rejoint les Archives de la Photographie Malienne (amp.matrix.msu.edu), pour procéder à la numérisation complète du fonds Félix Diallo conservé aux Archives municipales de Toulouse depuis 2003, et le rendre accessible en ligne.

Le travail de Félix Diallo a été exposé à Bamako (1998), Montreuil, France (2000), Toulouse (2002) et Kita (Nimis 2018).